Horizon

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Exposition monographique, du 15 octobre 2022 au 26 mars 2023,
Fondation François Schneider, Wattwiller
Commissaire : Marie Terrieux

L’exposition : https://www.fondationfrancoisschneider.org/horizon-oliviercrouzel/

Dans leur dernier ouvrage, Ce qui ne peut être volé. Charte du Verstohlen (2022), le designer Antoine Fenoglio et la philosophe Cynthia Fleury, proposent un manifeste visant à défendre dix points nécessaires à nos vies, afin de s’extirper de crises aliénantes. Le silence, la santé, le temps long, le soin aux morts… et l’horizon y figurent.
Depuis une vingtaine d’années, cet horizon ou ces horizons, Olivier Crouzel les regarde, les habite et les traverse. Posté dans le détroit de Gibraltar, O. Crouzel filme la traversée d’un oiseau, de pêcheurs migrants ou encore d’une valise. Ce retable contemporain évoque le chemin que doit se frayer une partie de la population à travers les courants salvateurs ou mortels. Il est aussi question de trajectoires sombres dans Même mer, mêmes Hommes, puisque c’est à Lesbos qu’Olivier Crouzel dépose le coeur battant d’un bateau pneumatique. La respiration de l’embarcation s’anime dans la nuit profonde, la fragilité d’un souffle se dissout dans l’eau. Contemplatives, et brutales ces deux œuvres se rejoignent comme opus à l’exposition.
L’artiste scrute le lointain, c’est un appel, une nécessité. Parfois il s’installe sur des durées longues dans ces paysages et habite les espaces en mouvement qu’il dépeints.
Il mène ainsi deux expériences parallèles, en Grèce et en Gironde, et y questionne non pas la vulnérabilité des hommes mais celle de la nature, qui ne font qu’une. C’est l’histoire commune de bâtiments à l’abandon : un hôtel pour White Beach et une résidence de vacances pour le Signal. L’artiste y recueille et y archive des vues. La carcasse du Signal se découpe sur la côte atlantique, depuis 2014 l’artiste n’a de cesse de disséquer la grande barre blanche, de nous raconter l’histoire d’un immeuble, d’une époque…
Olivier Crouzel nous offre des visions graves mais distille un peu de légèreté et nous fait voyager du côté de Lanzarote. Sur l’eaux milles palmiers, un autre artiste, César Manique (1912-1992) promut un modèle d’intervention empreint de durabilité, où les édifices ne dépassent pas la hauteur des palmiers. O. Crouzel lui rend hommage avec Arboretum.
Troisième et dernier acte de cette traversée avec une échappée belle en camping-car sur la côte ouest française. L’artiste décide de gagner l’horizon, en ne prenant que des chemins situés sur sa droite ! C’est là que les choses se compliquent, puisqu’il faut passer et dépasser des obstacles … et finalement désobéir pour mériter ces bords de mer. A travers le hublot de sa résidence mobile il enregistre ces panoramas aux airs de vacances, ponctués d’interdits. Ce road-movie nous rappelle que l’obstination et les efforts de longue haleine nous offrent la possibilité simple d’un horizon qui nous habite, nous traverse et nous libère.


Marie Terrieux, directrice de la Fondation François Schneider

43 sea views / Installation composée de 41 chambres, de la réception et du restaurant de l’hôtel White Beach à Nisyros, en Grèce
43 vidéos : 1080, 3′, en boucle / Dimensions et forme variables / 2017
Barrière / Projection vidéo sur 3 barrières Vauban / 3 vidéos synchronisées, 1080, 4′, en boucle / 2018
Même mer, même homme / Projection vidéo sur la mer Égée, Grèce / Vidéo, 8’20, en boucle / 2016
Arboretum / Collection d’arbres de bord de mer / 12 vidéos, 1080, 0,30′, en boucle / Dimensions variables / 2021
Némusien et Euplagia / Vidéo, 1080, 6′ / 2021
18 rideaux / Installation vidéo composée de 18 vidéos de rideaux de l’immeuble le Signal, à Soulac-sur-Mer, en France
18 vidéos : 1080, de 30′ à 3′, en boucle / Dimensions et forme variables / 2020
Horizonto / Vidéo composée de 28 horizons filmés depuis l”intérieur d’un camping-car sur la côte Atlantique
Vidéo, 1080, 41′ / Dimensions variables / 2021