L’hiver des refuges Bordeaux Métropole

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Résidence de création
Carte blanche de Bordeaux Métropole
2019-2021

La résidence de création autour des 11 refuges périurbains initialement prévue pour l’hiver 2019-2020 s’est prolongée jusqu’en 2021. C’est finalement une année entière d’images et d’observations qui sont captées.
La spécificité architecturale de chaque refuge, le paysage, les rencontres fortuites, l’environnement, les saisons créent des points de vue, des directions. La météo est souvent un déclencheur, avec un goût pour la pluie, les orages, et le vent. Les prises de vue sont déclenchées par des rythmes : passages de circulation, lieux d’activités, environs immédiats habités ou occupés. Par l’utilisation de plans fixes, se découvrent une multitude de mouvements – parfois microscopiques – et de scènes furtives. « Je filme aussi au téléobjectif ou avec une loupe de naturaliste, ou j’installe un piège photographique, le jour, la nuit, par tous les temps. »
Chacun des onze refuges devient un observatoire singulier.
Il les filme comme des sculptures, s’inspirant de leur forme, de leur nom, de leur situation géographique. Il écoute les histoires des gens rencontrés, un pêcheur, un voyageur, un boxeur, des promeneurs et tous ces chiens…

À partir de mars 2020, ce travail prend une autre dimension.
« Les refuges sont devenus des endroits d’évasion. Je m’embarque d’autant plus que nous sommes contraints à l’immobilité. Le travail en résidence est un travail de recherche : je filme une chose, à partir d’un détail remarqué, qui m’emmène vers une autre, et je me fabrique, en filmant, une histoire qui part dans le sens qu’elle veut. Le projet s’est étiré dans le temps, et à force d’y aller, je m’y suis parfois un peu perdu. J’ai pris beaucoup de plaisir à filmer la nuit, sous l’orage, à suivre un cours d’eau, à filmer les algues ou les troncs d’arbre, à parler avec des inconnus. Tous les refuges m’ont fait voyager. »

Ensuite, il juxtapose par refuge l’ensemble des images, issues des séances d’observation, une succession de plans de 5 secondes. Il n’y a pas d’effet. Puis, il procède par élimination pour un montage final plus serré. Il garde ce qui correspond, pour lui, à l’imaginaire qu’il s’est fabriqué du refuge.

Au final, des installations vidéo sont proposées dans, et sur, chaque refuge de janvier à mars 2021.
Chaque installation se compose d’une vidéo projetée à l’intérieur (une boucle de 3 à 5 minutes) et d’une vidéo projetée à l’extérieur sur le refuge. 
La vidéo à l’intérieur montre ce qui a été observé depuis le lieu, la vie, le mouvement, il projette ce qui habite le refuge.
La projection vidéo à l’extérieur reprend des éléments esthétiques ou cinétiques, en adéquation avec les surfaces, les volumes et l’environnement de chacun. « En fonction de leur forme et de leur matériau, on ne peut pas projeter dessus les mêmes images. J’éclaire et je transforme le refuge par la projection. Il va devenir une sculpture-vidéo.»

> Les refuges périurbains